Le communisme du chalet

Chalet, ton concept est souvent rudoyé, mais nous n’avons rien vu chez toi qui ne communiquât un grand style dans l’art de vivre.

Le chalet c’est la puissance de l’appel.

Le chalet est le début d’une amitié.

C’est la force de l’organisation qui s’unit à des solidarités inconnues.

Le chalet est un soleil qui luit pour un petit nombre.

Le chalet c’est le temps qui se décontracte, qui se perd en sieste et trouve son incandescence dans le feu de joie, alimenté en temps et lieu.

Le chalet c’est la puissance de l’imagination alliée la magie musicale.

Le chalet c’est de goûter des substances.

Le chalet c’est la distillation de la détox.

Le chalet c’est l’organisation des corps dans un espace inédit.

Tout est fluide et facile dans un partage à peine calculé.

Le chalet c’est de dessiner un avenir qui peut tenir dans quelques planches.

Le chalet se goûte dans une nourriture improvisée et toujours délicieuse.

Le chalet glisse comme un canot sur l’eau.

Le chalet c’est quelques heures qui se prennent pour des semaines.

Le chalet c’est une vieille amitié qui n’a pas vu le temps passer.

Le chalet c’est l’aventure dans des propriétés privées de sens.

Le chalet est à la fois une marche à soi et un baptême.

Le chalet c’est la tristesse du retour qui dégouline dans les gouttes de pluie.

Le chalet c’est la violence du travail qui se diffuse en secret au retour.

Le chalet demeure une proposition dès qu’on retrouve un linge qui sent la fumée.

Le chalet c’est des choses qu’on y a laissées sans promesse de retour. Le chalet est à refaire… même si ne sait jamais quand.

«Il n’y a de véritablement politique que ce qui surgit de la vie et fait d’elle une réalité déterminée, orientée. Et cela naît du proche et non de la projection vers le lointain. Le proche ne veut pas dire le restreint, le borné, l’étroit, le local. Cela veut plutôt dire l’accordé, le vibrant, l’adéquat, le présent, le sensible, le lumineux et le familier – le préhensible et compréhensible. Ce n’est pas une notion spatiale, mais éthique. La distance géographique est inapte à nous éloigner de ce dont nous nous sentons proches. Être voisins, à l’inverse, ne rapproche pas toujours. C’est seulement au contact que se découvrent l’ennemi et l’ami.»

– Maintenant