Suite – Une autre histoire de notre folie

Littoral a reçu cette réponse à une lettre publiée récemment… 

 

« Trompe-toi, sois imprudent, tout n’est pas fragile »

 

Salut à toi,

 

Je suis vraiment content et ému que tu aies pris du temps pour écrire ce texte. Il s’agit d’un périlleux sujet mis de côté, malgré le fait qu’il peuple nos milieux et qu’il est central à ce monde qui court à sa perte. Bref, ton texte est riche d’expériences et lourd d’émotions. Il respire et coupe le souffle, spécialement pour un ami qui te connaît, du moins, qui pense te connaître un peu et qui aurait aimé mieux être là. Un ami à qui tu as appris pas mal de trucs, bien souvent malgré toi, voire à nos, à tes dépens. On ne fait jamais de l'histoire à rebours, non?

 

Ton texte crie du cœur, témoigne d’une volonté d’expliciter du non-dit, du non-lu, du pas-assez-discuté. Je suis heureux de ton intention puisque la dépression est souvent ou bien invisibilisée, ou bien stressante. On la relègue à quelque chose d’étranger, un élément qui nous fait osciller entre désir d’en traiter, volonté de la traiter et besoin de s’en soustraire. Rapidement, cette ambivalence constitue un état de mal-être commun, de stratégies d’évitement, de mécompréhension, de tâtonnements. D’autres fois, par manque d’attention elle est performée pour être visible à juste titre, mais cette performance peut produire de l’envahissement ou du confinement. Bref, ces dynamiques empêchent de laisser être, de laisser souffir, d'apprendre à souffrir. D’autres fois, ça passe, ça se passe bien. Si l’expérience d’une détresse relève du vrai, peut-être faudrait-il, dans nos relations, trouver un refuge qui nous soit confortable sans devenir un enrobage de beigne crispie cream?

 

Ce que je vais écrire s’inspire de ce que j’ai expérimenté, autant en tant que camarade pour qui tout ne tournait pas rond, que comme ami qui a essayé d’épauler une amie, qu’en tant que témoin de suicides ou de tentatives, qu’en tant que personne qui y a déjà songé. Je ne veux pas aborder directement mes émotions face à ces situations puisque j’ai quelques ami.e.s avec qui en parler et que c’est ma façon de faire. Si des gens trouvent les mots pour mettre ça en forme, tant mieux. C’est avec attention que je les lirai et que ces mots m'inspireront, comme m'ont inspiré les tiens!

 

J’aimerais observer ce qui se passe entre nous, ce qui y est en jeu et qui constitue l’enjeu du délire. Comment prendre part à cette game commune? J’aimerais, davantage, et dans le sens de ton texte, poser des questions, prendre la balle au bond et que quelqu’un.e en ajoute après.

 

La dépression représente le nouvel apanage d’un monde en perte de sens, en crise d’existence. Un monde où l'on ne croit tellement pas, qu’on a souvent de la difficulté à croire en nous-mêmes. Un monde dans lequel on manque affreusement de rituels communs, de lieux communs (ACAB en est un pas pire par exemple). Malgré tout, ce monde est habité par des singularités en manque d’exister, qui veulent exploser pour ne pas imploser.

 

La dépression tend à s’universaliser malgré la multiplicité de son vécu. Personne n’a le temps, tout le monde souffre, tout le monde se sent fucking weird dans une allée de cartes de souhait ou de produits détergeants, dans le trafic, ou en boule dans son lit. Une foule de personnes s’en veulent, ne veulent pas en parler, ne veulent pas se sentir comme un poids, aimeraient se tenir d’elles-mêmes. On notera les transformations discursives qui ont été à l’œuvre : depuis la « folie », on est passé à la « maladie mentale » pour atteindre la « dépression ». Il y en aurait pas mal à dire sur ces différentes translations, sur l’évolution des « spécialistes » en la matière et de leurs disciplines. Je vais me contenter de référer au bouquin de Marcelo Otero, qui fait une pas pire job pour un « foucaldien » désillusionné et dégriffé, convaincu que Foucault veut faire du trotskysme institutionnel, bref et soupir bref1

 

Plusieurs perspectives sont possibles face à cette situation, et c’est ben correct de même. Certain.e.s s’indignent devant la société de marde, le capitalisme de marde, la marde. D’autres souhaitent ouvrir des brèches en créant des comités de « care » ou des « safe-r-spaces ». D’autres s’attachent à des éléments d’apparente stabilité : couple, consommation, psy, médocs, facebook, yoga, course au radicalisme, clopes (osti que c’est l’fun fumer quand ça va pas ben, elle y reste cette clope, et nous détruit toujours de la même façon), etc.

 

Certain.e.s me traiteront de sceptique, mais le problème n’est pas tant de continuer de s’indigner de la « société » ou je ne sais quelle bullshit qui nous afflige. Il ne s’agit pas, non plus, de penser la bonne « utopie », lieu de nulle part, inexistant, hors du monde, mais bien plutôt de comprendre comment investir et habiter pleinement ce monde en fuite. Il s'agit de réaliser que la réalité n’est pas capitaliste, qu’entre-nous, nous alimentons un dehors à ce monde, que ce dehors est dans le monde. Le refus de se situer hors du monde est corrélatif à la pensée de l’entre-nous, elle-même indissociable du mouvement et des luttes, elles-mêmes liées à la façon dont nous y embarquons. Qu’est-ce que veut dire vivre ensemble en temps de non-lutte, et en ce sens, y-a-t'il véritablement des moments de non-lutte? Comment engager un mouvement qui serait persistant et dont l’alcôve, le plan, le sol, ne se déroberait pas à nous, mais nous enroberait plutôt?

 

Évidemment, témoigner de notre expérience du monde, de nos situations respectives est essentiel à l’élaboration de ce plan, à une perception commune du monde dans lequel on se situe, monde depuis lequel nous vivons. Ton texte participe de cette élaboration, j’ai cru comprendre que tu voulais ouvrir une porte, pour que des ami.e.s partagent des expériences afin de former une alchimie. Les concepts qui s’intéressent à notre condition commune doivent donc s’ancrer dans ces expériences, modifier celles-ci et poser des questions pour modifier à nouveau les concepts.

 

Ce plan d’immanence, comme dirait l’autre, pourrait nous porter jusque là, jusqu’où nous sommes déjà, mais pour que, cette fois-ci, nous arrivions à devenir ensemble. À quoi ressemblerait une démarche qui ferait en sorte que nous ne décrivions plus notre mal-être sur le plan du témoignage, mais sur le plan de l’expérience commune? Est-ce là que la dépression pourra effacer l’individu, le sujet (assujetti au pouvoir et assujetti à lui-même), qu’il n’y aura plus de « je », que nous vivrons effectivement et affectivement le commun du communisme? Reste à pointer ce plan, ce sol ou cette perception partagée depuis lequel nous pouvons résister à la pression en-commun et non pas dé-pressuriser individuellement.

 

Bref, dans la même ligne que ton texte, je t’envoie quelques lignes de pensées. Elles restent floues, sont tracées en commun et posent, bien évidemment et bien heureusement probablement, plus de questions que de réponses. Si tu, ou d'autres bien entendu, désirent y travailler, on pourrait avancer dans ce délire ensemble. Faire en sorte qu’au lieu de nous brûler la face, face à face, nous explorions cette folie, ainsi devenue plus douce, peut-être? Bref, voici quelques pistes de réflexion qui ne se veulent pas des constats.

 

Dans ton texte, tu poses cette fameuse question du « Now what? » Épineuse, voire irrésoluble question s’il en est une! Je pense qu’un point de départ serait de reprendre la question en la reformulant. Au lieu de se demander « On fait quoi maintenant ? », peut-être vaudrait-il mieux se questionner ainsi : « À partir d’ici et de maintenant, comment peut-on faire quoi? » Un des problèmes majeurs avec le fait de créer des espaces, des moments, dédiés au soin, c’est de dissocier sphère publique et sphère privée, intimité et politique, individu et communauté. Si « le réel résiste », c’est parce que tout ça n’est qu’unité animée par une constellation de forces différentes. Assumer sa vie comme étant dédiée au délire politique c’est travailler, en commun, à ce qu’aucune de ces sphères ne soit dissociée l'une de l'autre. Une mesure, un collectif, un espace, ne doit pas être conçu comme une fin, mais plutôt comme un moyen parmi d’autres. Ces moyens participent d’un tissage entre nous, d’un ancrage non fusionnel, mais plutôt relationnel. Comment faire en sorte que tout ne soit pas comme d’habitude, colonisé par le gouvernement et son langage?

 

L’entre-nous est ce lieu invisible où circule et pénètre la guerre, cette guerre ne traverse pas seulement les moments de visibilité politique (grèves, manifs, etc.), mais nous traverse. Nous sommes des corps en lutte, notre corps est en lutte. Un corps est un rapport entre forces. En définitive, c’est uniquement sur ce rapport que nous pouvons compter. J’ai l’impression que nommer des espaces peut effectivement être bénéfique si certaines situations n’arrivent pas à être explicitées au sein de groupe. J’ai également l’impression que ce travail ne doit pas s’arrêter à la création de micro-espaces, mais doit plonger dans les confins de nos vies, qu’il devrait en aller de la conception même de nos vies, de nos corps. Créer un safe-space c’est bien, mais l’institution de celui-ci peut venir pallier aux relations qui s’éprouvent ; qui peuvent créer du bon, même au sein du mal ; qui peuvent créer du mauvais, même au sein du bien.

 

Survient la question du désir que l’on se porte les uns aux autres, désir qui supplante le devoir lui-même traversé par une redevabilité ou une attention qui reste présente. Quelque chose comme le fait de se comprendre depuis le même sol, puis arriver à articuler les bonnes configurations selon les situations. La responsabilité ne doit pas reposer uniquement sur un individu qui serait pleinement constitué. Nous ne sommes que rapports et donc traversé.e.s par une part de folie, une part de lucidité, et bien souvent il y a énormément de lucidité dans la folie et de folie dans la lucidité. En ce sens, il ne peut pas y avoir qu’une façon de réagir. L’accompagnement, le soin, ne peut pas s’élaborer dans une logique de faute, de culpabilité, mais bien plus dans un partage du sensible, autant pour l’ami.e qui déprime que pour les ami.e.s qui épaulent. Si un.e ami.e ne va pas bien, on ne peut pas se laisser emporter par elle. Souvent, des proches qui craquent s’accrochent aux autres, réaction normale et qu’il faut savoir goûter. Cependant, à certains égards, autant la personne épaulée que l’épaule peuvent flancher sous le poids. Pour éviter une relation de dépendance et ainsi s’isoler, il me semble important de s’appliquer à prendre un pas de recul, à ne pas être arrogant envers soi-même, à poser ses limites et les indiquer à notre ami.e. Une de mes nombreuses erreurs a été de me positionner comme la personne qui ferait en sorte que tu irais mieux. Notre relation s’en trouvait malveillante pour toi et pour moi. J’étais entraîné dans une spirale dépressive ce qui ne signifie pas pour autant que je comprenais ce qui était à l’œuvre. Je n’étais pas sur le même plan que toi. Tu devenais, par le fait même, étrangère à moi, à cette guerre qui devrait nous habiter, que nous devrions habiter. Je ne percevais même plus de plan autre que la néantise du mouvement, la fixité et l’angoisse.

 

C’est en ce sens qu’il y a une pluralité de forces, tout comme il y a une pluralité de manière d’entrer en contact avec ces forces. Assumer que les gants blancs, les calins, les gentillesses, ce n’est pas la seule façon de parler aux ami.e.s qui n'ont plus en-vie de rien. Ne pas déléguer des tâches, mais s’alimenter de ce processus. Surtout, ne jamais assumer que l’on peut sauver une personne. Cette assurance nous réconcilierait avec une position de surplomb que nous ne saurions admettre.

 

Assumer que « la vie c’est rough en tabarnak, mais que ça vaut la peine de fighter pareil », comme disait un ami avant de s’exiger cette interminable fin au sein de laquelle nous continuerons de nous battre, en sa compagnie.

 

Si nous sommes révolutionnaires, c’est grâce à la vulnérabilité qui nous est propre. C’est par affection pour nos ami.e.s, nos camarades, pour la dignité, pour l’intensité, pour la solidarité. Bref, pour la puissance qui émane du mouvement en mouvement. Cette vulnérabilité nous permet une présence unique, puisque touchée par la place que nous occupons en ce monde. Il s’agit donc d’une force dont l’activité peut se révéler dangereuse pour l’entreprise d’homogénéisation et d’intégration émotive à laquelle nous faisons face. Vulnérables sont les révolutionnaires dans leurs relations, dans leur présence, dans leurs batailles, dans leurs théories, dans leurs amours, dans leur poésie, dans leurs attaques.

 

Vous le savez bien, tout n’est pas rose au pays des vulnérables. C’est aussi à la misère, à la pauvreté en monde, à l’homogénéisation, à la détresse que nous sommes perméables et vulnérables. C’est en partie ce qui nous rend à fleur de peau, ce qui provoque ces pétages de câbles, ce qui incite au drop out, à la violence que l’on se fait entre-nous, qui elle aussi, fait partie de cette guerre. Ça peut aussi être à cause de cette vulnérabilité que l’on passe parfois proche de s’en câlisser une bonne fois pour toutes.

 

Comment équilibrer cette tension? Comment gueuler fuck toute sans tout abandonner, sans se sentir délaissé.e.s? Il n’y en aura pas de facile, un ami disait que « le boute de la marde est plein d'autres boutes ». Il n’y a aucune fin envisageable pour la lutte (subjective et at large). Nous ne nous satisferons d’aucun gain extérieur puisque nous nous porterons toujours, vulnérables et présent.e.s au monde. Alors, comment s’inspirer de cette vulnérabilité pour que même ses aspects les plus négatifs deviennent facteurs de puissance?

 

Notre époque est marquée par une crise existentielle inégalée. Notre milieu ne s’en extrait bien évidemment pas. Comment le milieu politique, la communauté des vulnérables, peut-elle croire en sa présence? Comment habiter le mouvement, cette perception partagée, ce plan d'immanence? Comment croire en nous, en l’époque, puisqu’ici aussi les dieux sont présents? « Toute puissance est acte, active, et en acte. L’identité de la puissance et de l’acte s’explique par ceci : toute puissance est inséparable d’un pouvoir d’être affecté, et ce pouvoir d’être affecté se trouve constamment et nécessairement rempli par des affections qui l’effectuent2. » Si pour certains la tristesse est ce qui diminue notre puissance et la joie ce qui l'augmente, comment pourrait-on se dérober à l’opposition entre la joie et la tristesse? Comment pourrait-on apprendre à souffrir ensemble, apprendre à délirer sans devenir débiles? Comment être disposés à la joie sans que ça ne devienne une injonction? Des question ben deep comme un ami aurait dit. Je pense qu'il faut éviter de faire bloc, mais qu'il faudrait assumer une certaine hétérogénéité corporelle… Hétérogénéité des émotions, qui, aussi singulières soient-elles, peuvent se partager. N’est-ce pas là la demeure du communisme, dans un partage de la puissance du sensible qui viendrait inquiéter toutes les polarités?

 

À quoi ressemblerait une éthique du soin, à quoi ressemblerait le fait de prendre soin de la lutte autant que des un.e.s les autres? Une chose est claire, si des dispositifs peuvent offrir un réconfort momentané, faisons en usage et accompagnons plutôt que de critiquer extérieurement. Toute intention de penser la dépression et ce qui l’entoure devrait faire abstraction du délire moraliste. Il n’y a pas de jugement de surplomb possible. Dire les médicaments c’est mal, la psychiatrie c’est mal, les catégories c’est mal, n’aide en rien. Comme le mentionnait un ami dans un texte publié précédemment sur le littor.al3, on peut faire usage de ces catégories pour tenter de s’en aller ailleurs. Elle peuvent servir de levier pour que l’ami.e puisse mettre des mots sur ce qu’ille expérimente et qu'ille acquière un minimum de stabilité. On est pas pour ou contre une dépression, on la vit ou bien on la subit.

 

Bon, il faut noter que l’on manque fondamentalement de termes pour décrire tout ça. Que l’usage que j’ai fais du mot dépression tout au long du texte ne me fait pas tripper, bah, une autre piste pour des réflexions, j’imagine déjà…

 

J’espère que le suicide récent d'un ami saura ouvrir cette réflexion, que cette réflexion prendra encrage sur le réel. Maurice Blanchot écrivait : « L’entretien muet que, tenant la main 'd’autrui qui meurt', 'je' poursuis avec lui, je ne le poursuis pas simplement pour l’aider à mourir, mais pour partager la solitude de l’événement qui semble sa possibilité la plus propre et sa possession impartageable dans la mesure où elle le dépossède radicalement. » C’est bien de ça dont il s’agit, ici, la mort est le devenir commun le plus absolu, la perte pure. La vie quant à elle est une continuité discontinue d’exaltations pulsionnelles. Au memento mori, il faut coupler le memento vivere puisque « La vie n’est qu’une variété de la mort et une variété très rare » pour siffler les mots de Nietzsche. Si le monde détruit la vie et nous pousse vers la mort, renversons cette destruction. Faisons preuve de créativité pure et mortellement vitale, détruisons ce monde. Détruisons ce que ce monde colonise et réduit entre-nous.

 

J’ai hâte de souffler et de respirer avec vous, j'y mourrai probablement, grandit certainement. J’espère que vous y resterez. Quant à toi, je suis bien content que tu y demeures. Je vous aime, je t’aime.

 

« Une communauté est la présentation à ses 'membres' de leur vérité mortelle (autant dire qu’il n’y a pas de communauté d’être immortels…). Elle est la présentation de la finitude et de l’excès sans retour qui fonde l’être-fini… […] La communauté n’est pas une forme restreinte de la société, pas plus qu’elle ne tend à la fusion communionnelle. À la différence d’une cellule sociale, elle s’interdit de faire œuvre et n’a pour fin aucune valeur de production. À quoi sert-elle? À rien, sinon à rendre présent le service à autrui jusque dans la mort, pour qu’autrui ne se perde pas solitairement, mais s’y trouve suppléé, en même temps qu’il apporte à un autre cette suppléance qui lui est procurée. La substitution mortelle est ce qui remplace la communion4. »

 

Prenons soin de nous, entre-nous.

Feu Le bleu, respect.

 

« Seule la guerre à perpétuité explique une

paix qui n’est qu’un passage,

ainsi qu’un lait prêt à verser explique la

casserole où il bouillait.

Méfiez-vous des beaux paysages de Van

Gogh tourbillonnants et pacifiques,

convulsés et pacifiés.

C’est la santé entre deux reprises de la

fièvre chaude qui va passer.

C’est la fièvre entre deux reprises d’une

insurrection de bonne santé.

Un jour la peinture de Van Gogh armée

et de fièvre et de bonne santé,

reviendra pour jeter en l’air la poussière

d’un monde en cage que son cœur ne pouvait plus supporter. »

 

– Antonin Artaud, Van Gogh le suicidé de la société.

 

 

1 Marcelo Otero, 2012, L’ombre portée, Montréal, Boréal, 372 p.

2 Gilles Deleuze, 2003, Spinoza philosophie pratique, Paris, Éditions de Minuit, p. 129.

4 Maurice Blanchot, 1983, La communauté inavouable, Paris, Éditions de Minuit, p. 24.