« Objet : Administration d’un tranquillisant toponymique »

ci-haut, Pavillon pavoisé de Paul Klee

 

Il paraît à présent opportun de publier cette drôle de lettre (voir plus bas), glânée sur un babillard de l'UQÀM (et dont la lecture se complique du fait d'un intertexte étroitement uqàmien). Elle voulait sans doute répondre au « cri du cœur » de Jean-Guy Prévost. Le 24 février, promue à la « Une » du Devoir, la missive de Prévost finit par faire le tour de l'exiguë planète médiatique québécoise, orbitant glorieusement des radio-poubelles à Josée Boileau et culminant dans un seul et même appel à la police.

 

Notre but n'est pas ici de nous étendre sur l'intelligence artificielle qu'est au fond Jean-Guy Prévost. Simplement, il importe de situer sa lettre en tant qu'elle s'est avérée être le move inaugural d'une vague de répression régie par une dialectique qui semble désormais installée entre l'administration de l'UQÀM et un cénacle d'étudiants et de profs libéraux. En voici une chronologie très sommaire :

 

  • 20 janvier : interruption d'une séance « d'information » donnée par le « sous-ministre adjoint » aux ressources naturelles de Stephen Harper, à l'UQÀM ; séance donnée à la demande, nous semble-t-il, de Jean-Guy Prévost et de son acolyte Jean-Pierre Beaud.
     
  • 23 février : utilisation partisane des listes de courriel départementales par Prévost pour diffuser sa lettre, co-signée par une douzaine de professeurs libéraux du département de politique.
     
  • 24 février : « reportage » du Devoir sur la lettre et battage médiatique.
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  • 27 février : la lettre de Prévost est à ce point fallacieuse que l'assemblée départementale de Sciences juridiques éprouve le besoin de s'en dissocier publiquement.
     
  • vers le 6 mars : dépôt par un groupe de droite de pétitions à l'AFESH et à l'AFESPED demandant à l'administration la tenue d'un référendum pour que soient dissoutes les deux associations étudiantes facultaires.
     
  • 20 mars : victoire à l'arrachée du NON à l'AFESPED ; le même jour, l'administration annonce des procédures d'expulsion (dont 3 définitives) à l'endroit d'une dizaine d'étudiant-e-s ayant participé entre autres aux levées de cours ou à l'interruption de la séance d'information.

 

Voici donc cette lettre qui a fait surface quelque part entre le début et la fin de cette ligne du temps.

 

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